Résumé
Les mobilités transnationales recouvrent l’ensemble des déplacements des populations à travers les frontières. Anne-Marie D’Aoust, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance sécuritaire des corps, la mobilité et les frontières, analyse les implications politiques, théoriques et empiriques de la gestion sécuritaire des mobilités transnationales impliquant des corps sexués, genrés, racisés et donnéifiés (mis en données – datafied).
En cherchant à analyser comment les corps des personnes en déplacement sont appréhendés à la frontière au nom d’une gouvernance sécuritaire, Mme D’Aoust et son équipe aspirent à mieux comprendre les multiples significations données au corps dans le cadre d’une mobilité transnationale lorsqu’ils sont identifiés, que ce soit par des personnes ou des systèmes informatiques. Ils entendent documenter les impacts différenciés que la sécurisation des mobilités transnationales implique sur les corps qui transitent par la frontière. Ils étudient le rôle du droit comme infrastructure qui régit le contrôle transfrontalier des corps en déplacement. Leurs travaux favoriseront la production de nouvelles connaissances interdisciplinaires, empiriques, théoriques et normatives sur les transformations de la sécurité, la gouvernance des mobilités et les inégalités sexuelles et identitaires, des domaines au cœur de la politique mondiale trop souvent étudiés en silos.