Richard J. Compton


Transmission et connaissances de la langue inuite

Niveau 2 - 2018-12-01
Université du Québec à Montréal
Conseil de recherches en sciences humaines



Comprendre la variation grammaticale et la formation de mots complexes en inuktut


L’inuktut, la langue inuite, est parlée à travers l’Arctique nord-américain, de l’Alaska aux Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut, au Nunavik et au Nunatsiavut, jusqu’au Groenland, avec une variation dialectale considérable entre les régions et les communautés. Comme c’est le cas pour de nombreuses langues autochtones au Canada, l’inuktut fait face à un manque de ressources. De nombreux dialectes perdent des locuteurs et certains risquent de disparaitre complètement.

Une meilleure compréhension des propriétés de l’inuktut et des différences entre les dialectes est nécessaire pour créer des ressources et des outils pour promouvoir son maintien et sa transmission aux générations futures. La langue est un élément vital de la culture et de l’identité inuites et son utilisation contribue à la santé des communautés. Outre sa valeur culturelle inestimable, sa grammaire nous donne un aperçu des propriétés du langage humain de manière plus générale.

Richard Compton, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en transmission et connaissances de la langue inuite, collaborera avec les communautés et les organisations inuites pour recueillir des données documentaires culturellement appropriées pour décrire deux groupes de dialectes: l’inuktitut et l’inuinnaqtun. En particulier, il étudiera les variations grammaticales entre les dialectes, y compris la complexité structurelle des mots inuits.

Une grande partie de la machinerie grammaticale impliquant des mots multiples et séparés dans d’autres langues se produit plutôt à l’intérieur des mots en inuktut, menant à des mots longs et complexes qui sont l’équivalent de propositions complètes en français ou en anglais. Ces mots posent un défi pour les théories du langage dans lesquelles les mots et les phrases sont formés par des composantes séparées de la grammaire. Cette complexité interne des mots est également un défi pour la création de descriptions de la langue (par exemple, les grammaires) qui sont accessibles aux communautés.

Les travaux de Compton amélioreront notre compréhension de la structure de la langue inuit, en éclairant davantage la façon dont les langues humaines peuvent varier, ainsi que les propriétés qu’elles partagent. Grâce à des partenariats communautaires pour documenter et décrire davantage l’inuktut, cette recherche mènera également à de nouvelles ressources pour activités de maintien et de revitalisation de la langue.