Julie-Anne Boudreau
Chaire de recherche du Canada sur l'urbanité, l'insécurité et l'action politique
Niveau 2 - 2005-09-01
Date de renouvellement :
2010-09-01
Université du Québec, Institut national de recherche scientifique
Sciences humaines
514-499-4072
julie-anne.boudreau@ucs.inrs.ca
|
|
Objet de la recherche
Analyser les perceptions du risque, de l'incertitude et de l'insécurité au sein de plusieurs grandes métropoles.
Importance de la recherche
Comprendre les relations entre (1) l'expérience de la peur, du risque, de l'incertitude et de l'insécurité, (2) les représentations que s'en fait l'État dans l'optique de la recomposition de ses fonctions et (3) le rôle de la peur dans l'activisme politique.
Le sentiment d'insécurité dans les grandes villes
En raison de la croissance du sentiment d'insécurité, lequel n'a jamais été plus fort que depuis les événements du 11 septembre 2001, les citoyens acceptent de plus en plus certaines mesures d'intervention de l'État. En fait, le sentiment d'insécurité existe depuis longtemps, soit depuis l'hyperurbanisation, l'explosion et la diversification démographique, la volatilité économique, l'écroulement des systèmes de confiance relatifs au contrôle du terrorisme, l'augmentation du nombre de maladies animales et humaines et le manque de probité publique. L'État vise à répondre aux pressions exercées par le sentiment d'inconfort des citadins. Toutefois, la protection qu'il offre ne correspond pas à la conception commune de la sécurité au sens strictement militaire, policier ou géopolitique.
Aujourd'hui, le terme « sécurité » représente la confiance des citadins envers la manière dont l'État gère les dangers liés à la vie urbaine, tels que la criminalité et les risques environnementaux, financiers, terroristes, sanitaires, économiques ou autres. Par conséquent, le sentiment de sécurité est associé à la tranquillité, à l'augmentation de la qualité de vie, à la prospérité, à l'appartenance identitaire et à la possibilité de vivre en paix.
Les travaux de recherche de Julie-Anne Boudreau serviront à déterminer les sources du sentiment d'insécurité des citadins et l'intensité de leur inconfort selon le groupe social auquel ils appartiennent et le quartier où ils habitent. La chercheure compte inventorier les divers types de politiques publiques afin d'aider les décideurs à trouver des solutions aux problèmes liés aux tensions urbaines.
Ayant déjà étudié les villes de Montréal, de Los Angeles et de Toronto, Julie-Anne Boudreau étudie actuellement Paris et Bruxelles. Elle compte étendre sa recherche à d'autres métropoles afin de définir comment les divers groupes sociaux expriment leur sentiment d'insécurité et comment l'État y répond. Pour ce faire, elle travaillera en équipe avec des réseaux déjà constitués au Canada, aux États-Unis, en France et en Belgique. Étant donné l'ampleur de l'étude, la chercheure effectuera ses recherches par étapes en se penchant sur une seule source d'insécurité à la fois, par exemple : les transformations démographiques entraînées par l'immigration.
Grâce à ses travaux de recherche, Mme Boudreau espère produire des connaissances scientifiques comparatives, un élément important dans le contexte de mondialisation actuel. La recherche aura aussi un impact stratégique sur l'élaboration des politiques publiques et des pratiques politiques, lesquelles auront des retombées importantes et durables sur la condition sociale et la qualité de vie dans les métropoles canadiennes.
|