Laurence Monnais


Chaire de recherche du Canada sur le pluralisme en santé

Niveau 2 - 2007-04-01
Date de renouvellement : 2012-04-01
Université de Montréal
Sciences humaines

514-343-6544
laurence.monnais-rousselot@umontreal.ca

Objet de la recherche


Étudier le pluralisme en santé à l’heure de la mondialisation.

Importance de la recherche


Mieux comprendre la santé de la population canadienne en considérant les défis que pose le multiculturalisme.

Les pratiques de santé au rythme du multiculturalisme


Terre historique d’accueil et d’une immigration aux origines de plus en plus éclatées, le Canada est un lieu privilégié de métissages culturels, notamment en matière de repères liés à la santé. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que la santé des immigrants canadiens (près de 20 p. 100 de la population du pays) préoccupe nos dirigeants et les professionnels de la santé, d’autant plus qu’elle semble s’être détériorée au fil des années d’immigration.

On comprend également pourquoi l’engouement de la population canadienne pour les médecines alternatives et complémentaires (MAC) ainsi que pour les produits naturels (plus de 70 p. 100 de la population y aurait actuellement recours) mérite de constituer un champ de recherches allant au-delà d’explications souvent réductrices en ce qui concerne leurs raisons d’être.

Dans le cadre de sa chaire de recherche, Laurence Monnais, spécialiste de l’histoire de la médecine coloniale et des pratiques de santé vietnamiennes, entend examiner ces deux questions en étudiant le pluralisme en santé dans une perspective historique. Ainsi, elle sera en mesure de mieux comprendre l’évolution des pratiques de santé des communautés ethnoculturelles dans un contexte d’immigration et celle des pratiques de santé de la population canadienne dans son ensemble au contact de l’immigration.

Pour ce faire, la chercheure prévoit étudier entre autres le contenu des discours sur le pluralisme en santé et sur les MAC (y compris les médecines traditionnelles) que tiennent les décideurs et les professionnels de la santé, les malades et les consommateurs de soins dans différents pays depuis l’avènement de la médecine dite « moderne » (XIXe siècle). Elle compte également analyser, dans une perspective comparée, les pratiques pluralistes adoptées par différentes communautés et leurs membres ainsi que les facteurs socioculturels et sociohistoriques qui caractérisent ces pratiques. L’examen des rapports entre les discours tenus et les pratiques adoptées ainsi que leur incidence sur les politiques de santé, les systèmes médicaux, les processus de médicalisation et les pratiques de santé et de bien-être individuelles font aussi partie de son plan de recherche.

En plus d’alimenter fort utilement les débats sur l’avenir des systèmes de santé du Canada, les travaux de Mme Monnais permettront de mieux évaluer la place qui doit être faite aux MAC et aux médecines traditionnelles de façon à répondre aux attentes des individus tout en continuant d’améliorer la santé de l’ensemble de la population canadienne. Ils contribueront aussi à relever les défis posés par le multiculturalisme dans un domaine crucial, celui de la santé.